La transformation numérique affecte t-elle le secteur bancaire ?

On commence à sentir un développement technique dans le secteur financier. Les progrès dans les domaines de l’information, des infrastructures, de l’intelligence artificielle (IA) et des grandes données sont rapides et les premiers effets concrets sur le monde bancaire peuvent déjà être observés aujourd’hui.

Finance : à l’ère de la transformation numérique bancaire

Les “robots-conseillers” assument un nombre toujours croissant de tâches qui étaient auparavant effectuées par des conseillers à la clientèle, des gestionnaires de portefeuille et des courtiers dans le cadre d’une division du travail. Les données personnelles sont collectées et, sur lesquelles, des algorithmes calculent l’allocation optimale du portefeuille pour chaque client.

La mise en œuvre de la stratégie d’investissement ne nécessite souvent aucune interaction humaine, car l’ordre d’achat ou de vente est directement transmis à un courtier électronique via une interface de programmation d’application (API). Avec cette solution, l’exécution et la réservation sont entièrement automatisées et le client est informé en ligne du mouvement de son portefeuille : versement, virement ou paiement. Grâce à cette transformation digitale de la banque, l’optimisation tactique du portefeuille peut alors être réalisée en analysant de grands ensembles de données macroéconomiques ainsi qu’en prenant en compte les préférences microéconomiques du client individuel.

On pense qu’il s’agit d’un cas isolé qui ne s’applique qu’au monde de la gestion d’actifs. Cependant, il s’agit d’un simple exemple de la transformation digitale croissante et donc de l’automatisation des services bancaires. Dans leur étude de 2013 “The Future of Employment”, les deux chercheurs Karl Benedikt Frey et Michael Osborne de l’Université d’Oxford ont examiné 702 professions pour voir si elles pourraient être victimes de l'”informatisation”. Cela signifie ni plus ni moins que ces professions seront à l’avenir essentiellement réalisées par des algorithmes et que l’intervention humaine sera donc largement superflue.

Les effets de la transformation numérique sur le travail

Si les exigences des tâches essentielles qui composent une profession ne sont pas particulièrement complexes, alors selon Frey et Osborne cette profession a une probabilité relativement plus élevée d’être informatisée. Si, par exemple, les exigences en matière de perception et de manipulation ne sont pas particulièrement complexes et que les tâches essentielles d’une profession ne requièrent aucune créativité ou un degré accru d’interaction sociale, alors l’informatisation est hautement probable. L’inverse est vrai si les exigences imposées à ces trois dimensions sont très faibles. Dans ce cas, l’informatisation des services bancaires est très peu probable dans un avenir proche.

Des 702 professions examinées dans cette étude, on a extrait celles qui sont pertinentes pour le secteur bancaire et de la finance. Le pourcentage indiqué indique la probabilité avec laquelle la profession mentionnée sera rendue obsolète par les machines, c’est-à-dire les ordinateurs, dans un avenir proche.

Il ressort clairement que le processus d’informatisation du secteur bancaire et financier sera très probablement beaucoup plus important que ce que l’on supposait il y aient quelques années. Pendant des décennies, le mantra a été que tout ce que vous avez à faire est d’en apprendre assez et vous serez immunisé contre le chômage. Cependant, si l’on tient compte du fait que les changements dans les services bancaires affecteront certainement des spécialistes hautement qualifiés tels que les agents de crédit, les conseillers financiers et les gestionnaires, ce mantra est sur le point de perdre sa validité. La technologie a désormais progressé au point que même les tâches extrêmement complexes peuvent être exécutées par des ordinateurs.

Si l’on suit l’argumentation de Frey et Osborne, des capacités qui peuvent être attribuées aux humains bien plus tôt et à l’origine qu’aux machines se manifesteront à nouveau dans le futur : le traitement de l’ambiguïté, l’intelligence créative et l’intelligence sociale. Cependant, alors que les compétences analytiques sont actuellement enseignées aux étudiants dans le cadre de leurs études de base, le développement des compétences créatives, sans parler des compétences sociales, est largement une existence obscure dans les universités.

L’utopie d’un monde sans travail

Fondamentalement, il faut se réjouir du fait que de plus en plus de travail peut être effectué par des machines. Cette évolution rapproche l’humanité de l’utopie du monde sans travail. Face aux enjeux de ce monde abstrait, tant désiré depuis le début de l’industrialisation, les machines font presque tout le travail, tandis que les gens peuvent utiliser le temps libre qu’ils gagnent pour faire un travail utile. Néanmoins, il y a un défaut fondamental dans cette argumentation : nos sociétés ne disposent d’aucun mécanisme pour transformer les sorties professionnelles en temps de loisir et non en chômage.

 

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